OTTAWA _ Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a
timidement dénoncé jeudi la décision d'IsraJel d'étendre les colonies juives
sur un territoire revendiqué par la Palestine, formulant ainsi l'une des
rares critiques du gouvernement conservateur à l'endroit de l'Etat hébreu.
Selon M. Cannon, le projet de construire 1600 nouveaux logements dans un
quartier juif à l'est de Jérusalem est un obstacle au retour de la paix.
Mais ce ton modéré tranche avec celui, plus vif, que l'administration
Obama a employé cette semaine lorsque le vice-président américain, Joe Biden,
a eu la surprise d'apprendre la nouvelle à son arrivée en IsraJel.
Pris au dépourvu, M. Biden a immédiatement et clairement condamné
l'expansion des colonies, soutenant que cela pouvait envenimer la situation.
L'annonce du gouvernement israélien a jeté un froid sur sa visite dans la
région dont l'objectif était de relancer les pourparlers
israélo-palestiniens.
Le Canada a toutefois fait preuve de plus de modération que les
Etats-Unis, M. Cannon se contentant de déplorer le choix de l'Etat israélien
dans une déclaration écrite.
"Conformément à la position exprimée par les États-Unis, l'Union
européenne, les Nations Unies et d'autres partenaires clés, le gouvernement
du Canada estime que l'implantation de colonies permanentes à Jérusalem-Est
nuit aux perspectives de paix", a-t-il affirmé.
"Le Canada croit que toutes les parties doivent respecter leurs
engagements internationaux. Cette annonce n'est pas de nature à promouvoir la
paix dans la région."
Par le passé, le gouvernement conservateur a déjà été accusé par des
groupes arabo-canadiens et musulmans de pencher un peu trop du côté d'IsraJel
dans sa politique pour le Moyen-Orient.
Même si les propos de Lawrence Cannon vont à l'encontre du soutien
indéfectible dont le gouvernement Harper fait habituellement montre à l'égard
de l'Etat hébreu, la pointe du ministre n'a pas ému l'une des organisations
juives les plus actives au Canada.
Frank Dimant, premier vice-président de B'Nai Brith Canada, a déclaré que
l'objection de M. Cannon au droit d'IsraJel de construire des colonies était
"regrettable", mais que ses remarques étaient beaucoup plus modérées que
celles de Joe Biden.
Il croit que le Canada a émis cette déclaration pour apaiser les
Etats-Unis.
"Je pense que les Américains essaient de trouver d'autres pays pour
exprimer leur mécontentement par rapport à IsraJel afin de pouvoir exercer
davantage de pression sur l'Etat Hébreu pour qu'il fasse plus de concessions
parce que, jusqu'ici, la politique d'Obama pour le Moyen-Orient a
complètement échoué", a affirmé M. Diamant.
Selon lui, aucune critique n'empêchera IsraJel d'aller de l'avant avec
l'expansion de ses colonies qui, soutient-il, ne viole aucun engagement
international.
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